4ème trimestre encourageant pour l'emploi

4ème trimestre encourageant pour l’emploi

En France, les indicateurs préliminaires du PMI pour janvier montrent une stabilisation du climat dans l’industrie manufacturière, ce qui confirme les données de l’Insee publiées cette semaine. Au contraire, l’activité dans les services s’est à nouveau légèrement contractée en janvier, avec des effets déjà visibles sur l’emploi. 2018 se clôture néanmoins sur une baisse de 1,3% de la population au chômage et, pour la première fois depuis la crise de 2008, d’une baisse (de 0,9%) du chômage total (toutes catégories confondues). Nous pensons que cette baisse se poursuivra en 2019.

Un 4ème trimestre positif sur le front de l’emploi malgré le mois de décembre

La population au chômage était de 3,4 millions de personnes en France Métropolitaine au 4ème trimestre selon les derniers chiffres publiés aujourd’hui par la Dares. Ils impliquent une nouvelle baisse du nombre de chômeurs, de 16 500 au 4ème trimestre. Au total, l’année 2018 aura vu une baisse de 44 300 pour les chômeurs de catégorie A, soit 1,3% sur un an. Dans l’ensemble, malgré la légère hausse du nombre de chômeurs occasionnels (Graphique 1), l’ensemble de la population autour du chômage (catégories Dares A à E) aura baissé de 54 800 en 2018 pour la première fois depuis plus de 10 ans. En effet, depuis le début de la crise cette population aura augmenté chaque année. On peut y voir un effet de l’accélération de croissance de 2017 qui aura fini par se marquer par une croissance plus forte de l’emploi privé en 2018. A l’heure où la croissance semble être rapidement revenue à son niveau tendanciel, nous nous attendons à une nouvelle baisse, légère, en 2019 qui devrait permettre au taux de chômage de baisser.

Les données du quatrième trimestre ne doivent cependant pas masquer un mois de décembre morose au niveau de l’emploi. La baisse d’activité et de confiance soudainement provoquée par le mouvement des « gilets jaunes » a en effet laisser des traces puisqu’on a enregistré une hausse significative du nombre de chômeurs en catgories A à C : 20 000 en un mois, ce qui a sans conteste diminué le bon résultat de 2018. Si le taux de chômage devrait baisser au dernier trimestre 2018 à 8,7% en métropole, il n’est pas exclu qu’il rebondisse légèrement au premier trimestre.

Des indices PMI de mauvais augure pour l’emploi en janvier

En effet, les premiers signes d’activité venant du secteur des services n’étaient pas bien orientés cette semaine. À 47,5, l’indice PMI du secteur était à son niveau le plus bas depuis 2014. L’indicateur était toujours supérieur à 55,0 en novembre. On peut voir dans cette correction l’impact du niveau d’anxiété actuel élevé manifesté par les consommateurs lors de sondages récents et lié à la crise des «gilets jaunes». Nous pensons que les détails de l’enquête PMI, qui sera publiée début février, montreront un impact sur les intentions d’investissement dans le secteur. Cela pourrait en outre continuer d’avoir une incidence sur la croissance de l’emploi au cours des prochains mois après la hausse observées parmi certaines catégories de chômeurs en décembre (Graphique 2). Si l’effet sera temporaire, il devrait retarder de plusieurs mois la diminution du taux de chômage qui pourrait de ce fait être encore supérieur à 8,5% à la fin de cette année.

La confiance semble en meilleur état dans l’industrie

Dans l’industrie manufacturière, la confiance a très légèrement rebondi en janvier, comme l’ont confirmé les PMI publiés cette semaine, passant de 49,7 à 51,2. Seul le mois de décembre aura été inférieur au seuil de 50,0 sous lequel l’activité industrielle est supposée en contraction. Au vu des détails de l’enquête publiée cette semaine par l’INSEE, qui montrait aussi que la confiance dans l’industrie se stabilise en janvier, il semble que les carnets de commandes ne se détériorent plus et que la production récente ait été plus importante que prévu. Les stocks ont même diminué en janvier. Cependant, la confiance dans les perspectives économiques reste à son plus bas niveau en quatre ans, ce qui montre que la crise des “gilets jaunes” continue de peser sur la confiance. On remarque cependat (Graphique 3), que la baisse d’activité n’est pas aussi franche que celle du moral.

À ce stade, nous pensons toujours que l’économie française sera au point mort fin 2018. Compte tenu du ralentissement de la croissance de la zone euro, nous pensons également que le rebond sera limité, ce qui limite les perspectives de croissance pour 2019 à 1,3%. Dans ce contexte, le cycle de consultations nationales en cours semblent être la dernière possibilité de réanimer un soutien aux réformes: la croissance économique, elle, n’est plus du côté de M. Macron.