Cap maintenu

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L’ING Eco, votre rendez-vous hebdo, vous propose un résumé des dernières actualités macroéconomiques, grâce aux experts d’ING Belgique.

États-Unis – Guerre commerciale en vue ?

L’indice PMI de l’institut ISM pour le secteur manufacturier américain a augmenté plus que prévu en février, pour atteindre son plus haut niveau depuis 2004, 60,8 contre 59,1 en janvier. Dans les détails, l’emploi est en forte hausse (59,7 contre 54,2 en janvier) et le carnet de commandes est également en augmentation (59,8 contre 56,2). Ces données indiquent que le secteur manufacturier devrait continuer à contribuer de manière significative à la croissance de l’activité économique américaine dans les mois à venir.

L’annonce de Donald Trump sur l’imposition des droits de douane de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium est une source d’incertitude et relance les craintes d’une guerre commerciale. En outre, bien que la mesure devrait profiter à l’industrie sidérurgique, cela risque bien de peser sur le reste de l’industrie américaine qui sera confronté à une augmentation du prix de l’acier et de l’aluminium. Cette politique pourrait en outre renforcer les pressions inflationnistes déjà élevées, conduisant à une inflation plus haute que prévue et à une accélération du rythme de la hausse des taux de la FED. Avec le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, qui semble soutenir l’idée d’un resserrement supplémentaire de la politique monétaire, nous attendons une hausse des taux américains le 21 mars prochains et trois autres hausses plus tard cette année.

Zone euro – Inflation toujours faible et incertitude politique

Le chômage dans la zone euro est resté stable à 8,6%, en janvier par rapport à décembre, ce qui montre que la reprise du marché du travail continue de battre son plein. Comme les prévisions en matière d’embauche continuent d’être élevées, les perspectives de chômage restent positives pour les mois à venir, ce qui est un signe positif pour la consommation. En outre, les prêts aux entreprises non financières ont augmenté de 3,4% en janvier, contre 3,1% en décembre, un rythme qui n’avait plus été atteint depuis 2009. Cela confirme les perspectives d’investissement positives pour la première moitié de l’année 2018. D’autre part, en février, l’inflation dans la zone euro (estimation flash) s’est établie à 1,2%, en recul par rapport au chiffre de 1,3% de janvier. L’inflation sous-jacente se maintient quant à elle à 1%. L’inflation étant encore loin de l’objectif de la BCE, on s’attend dès lors à ce qu’elle reste prudente lors de sa réunion de politique monétaire le 8 mars prochain. Ceci étant, l’inflation pourrait remonter un peu plus tard dans l’année, dans la mesure où le chômage poursuit sa tendance baissière.

En Allemagne, les membres du SPD ont approuvé le projet de grande coalition avec la CDU/CSU d’Angela Merkel. Le dernier obstacle pour le quatrième mandat de Merkel a donc été levé et l’Allemagne aura un gouvernement pro-européen d’ici quelques semaines. D’autre part, en Italie, le résultat des élections est source d’incertitude dans la zone euro pour ces prochaines semaines. La coalition de droite est arrivée en tête des votes mais n’obtiendrait pas assez de voix pour gouverner seule et la Lega, parti d’extrême droite eurosceptique, devance la Forza Italia de Berlusconi. De plus, le Mouvement 5 étoiles, parti eurosceptique anti-establishment de gauche s’impose comme le premier parti d’Italie. Dès lors, l’Italie semble plus que jamais dans une situation politique compliquée et des semaines de négociations seront probablement nécessaires pour former un gouvernement. Le prochain Fixed Income fera le point plus en détail sur ces deux développements.

Monthly economic update : Cap maintenu

La reprise économique mondiale poursuit sur sa lancée et commence à générer des pressions inflationnistes. Pourtant, les banques centrales continuent d’imprimer de l’argent et la politique budgétaire est de plus en plus stimulante. Cela laisse supposer que l’activité mondiale pourrait être plus stimulée que prévu à court terme, augmentant le risque d’une fin de cycle plus brutal. Les banques centrales devront faire preuve de prudence alors que les marchés devraient se préparer à des changements potentiellement plus marqués de la politique monétaire que ce qui est actuellement envisagé.

Ces dernières années, les conditions hivernales ont régulièrement pesé sur l’activité économique du premier trimestre aux Etats-Unis avant de rebondir par la suite. Ceci étant nous restons très optimistes sur les perspectives de croissance, d’autant plus qu’elles sont dopées par une réforme fiscale et un accroissement des dépenses publiques (projets d’infrastructures notamment). Néanmoins, la réduction des recettes fiscales combinée à une augmentation des dépenses publiques creusent sensiblement le déficit budgétaire, qui pourrait atteindre 5% du PIB d’ici l’année prochaine, ce qui est gigantesque vu leur faible taux de chômage et vigoureuse croissance économique. Toujours est-il qu’à court terme, la dynamique économique est positive et qu’elle se traduit (enfin) par une hausse de l’inflation dont nous prévoyons qu’elle atteigne 3% cet été. Cela se traduit d’ailleurs de plus en plus dans le rendement obligataire à 10 ans (proche des 3%) et nous pousse à prévoir non plus 3 mais 4 hausses de taux par la Fed en 2018.

En zone euro, les dernières données suggèrent que l’accélération de la croissance pourrait bientôt se stabiliser, notamment en raison de l’appréciation de l’euro face au dollar. C’est ce que semblent indiquer les indicateurs allemands IFO et PMI dont la composante « attentes » a fortement baissé en février. En revanche, la composante « conditions actuelles » de ces indicateurs se maintient à un niveau historiquement élevé. De même, les effectifs des entreprises, les prêts aux entreprises non-financières ainsi que les dépenses d’équipement évoluent toutes dans la bonne direction, ce qui nous conforte dans notre prévision de croissance du PIB de la zone euro de 2,4% cette année, et cela malgré l’incertitude politique qui subsiste dans certains pays (Italie, Espagne).

Au Royaume-Uni, il semblerait que Madame May ait obtenu un compromis rassemblant les principales factions de son gouvernement de coalition. Il s’agirait d’un modèle où chaque « activité économique » tomberait dans un des trois paniers dont les règles varient d’un panier à l’autre : ainsi le premier panier prévoirait un alignement complet sur les règles européennes, le deuxième une négociation de règles communes, alors que le troisième permettrait au Royaume-Uni de faire cavalier seul. Même si cette approche a le mérite de rassembler les différents camps britanniques, il est très peu probable qu’elle soit acceptée par l’UE, ne fut-ce parce qu’elle ouvrirait la porte à des marchandages futurs venant d’autres membres (eurosceptiques) de l’UE. A ce stade, il est très difficile de prévoir l’issue des négociations tant les lignes rouges de part et d’autre de la Manche semblent irréconciliables.

En Chine, l’Assemblée Nationale Populaire se réunira lors de deux sessions (3 et 5 mars) et devrait notamment conduire à la désignation du successeur de Zhou à la présidence de la banque centrale (PBoC). Son successeur partagera vraisemblablement l’approche graduelle de Xi en termes de libéralisation du taux d’intérêt et du taux de change. Ainsi nous prévoyons que la PBoC emboite le pas de la Fed afin de maintenir un spread stable et augmente dès lors 4 fois son taux à hauteur de 5 points de base à chaque fois. Quant au taux de change, le régime actuel devrait rester inchangé. Nous maintenons notre prévision de 6.1 USD/CNY et USD/CNH d’ici fin 2018.

A 1,4%, l’inflation Japonaise s’est installée confortablement au-dessus des 1% alors qu’elle végétait encore en territoire négatif en 2016. Pour savoir si cette nouvelle donne conduira la BoJ à modifier son programme d’assouplissement qualitatif et quantitatif (QQE) dépend des causes sous-jacentes de cette inflation et des chiffres de croissance de l’économie. Concernant l’inflation, les deux causes principales (poisson et gaz) sont essentiellement des chocs d’offre et donc peu propices à une réaction de la BoJ. En revanche les données de croissance économique sont bonnes, ce qui a conduit la BoJ à réduire le montant des obligations super-longues qu’elle achète habituellement. Nous n’avons pas augmenté les rendements obligataires japonais sur l’horizon de prévision 2018/2019, bien que nous ayons réduit nos prévisions d’achats d’actifs par la BoJ de JPY45tr en 2018 à JPY30tr alors que la cible officielle est toujours JPY80tr annuellement.

Enfin, sur le marché des changes, les efforts de Mario Draghi pour limiter l’appréciation de l’euro lors de la réunion de janvier n’auront pas porté leurs fruits : l’EUR/USD a ainsi atteint 1,25 au début février. Il aura fallu le mouvement boursier à la baisse de début février pour ramener l’euro à 1,22 (légère dépréciation de 2,2% donc). Cependant, nous ne pensons pas que le retour de l’inflation et les hausses de taux de la FED en 2018 permettront au dollar de s’apprécier puisque la croissance est forte en Europe également et que la BCE est dans une année de transition. Reste à voir cependant quel sera l’effet de la réforme fiscale américaine sur l’EUR/USD. Pour l’instant nous continuons de penser que l’USD continuera à se déprécier, mais à un rythme moins rapide qu’en 2017 et l’ EUR/USD devrait rester sous les 1,30 jusqu’aux dernières semaines de l’année.