Décollage différé pour l'emploi

Décollage différé pour l’emploi

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Au vu des chiffres de l’emploi pour le troisième trimestre 2017, l’accélération de la reprise économique en France n’a pas encore déployé ses effets sur son marché du travail. Une croissance des effectifs devrait toutefois intervenir au second semestre 2018, ramenant le taux de chômage à 9 %.

Le chômage peine à se résorber en France…

L’emploi a progressé de 0,2 % en France au troisième trimestre 2017, pour atteindre 27,95 millions de postes. La croissance annuelle a été stable à 1,1 %. Le secteur privé a bénéficié de 50.000 créations de postes, soit le rythme le plus lent en deux ans, tandis que le nombre d’emplois dans le secteur public a légèrement reculé. Le fléchissement de la croissance de l’emploi dans le secteur privé peut sembler préoccupant dans la mesure où de nombreux indicateurs économiques sont de nouveau passés au vert dans l’Hexagone. L’emploi est toutefois un indicateur retardé qui mettra du temps à refléter l’accélération actuelle de la reprise en France.

Le taux de chômage s’est établi à 9,4 % au troisième trimestre 2017, en hausse par rapport au début de l’année. Cette augmentation s’explique notamment par le fait que 72,4 % (en moyenne) des personnes bénéficiant d’emplois aidés ou d’une formation n’ont pas trouvé de travail à l’issue de cette période et viennent peu à peu regonfler les statistiques du chômage. Sur les dix premiers mois de l’année 2017, cela représentait 65.000 personnes, ce qui explique en grande partie les 16.000 chômeurs supplémentaires enregistrés jusqu’à présent en 2017 (après le recul de 113.000 enregistré en 2016) malgré l’accélération de la reprise au second semestre de cette année.

…mais la tendance pourrait s’inverser au second semestre 2018

Dans la mesure où l’emploi constitue un indicateur retardé de la reprise, la situation actuelle n’a rien de surprenant. Le lent redressement de l’économie française amorcé en 2014 n’a stimulé que très progressivement l’emploi dans le privé. En effet, trois ans ont été nécessaires pour passer d’une croissance moyenne de 0,0 % (du premier trimestre 2014 au deuxième trimestre 2015) à 1,4 % en glissement annuel jusqu’à présent en 2017. Or, ce rythme reste encore trop lent pour enclencher un déclin rapide du chômage. Avec l’accélération de la croissance du PIB autour des 2 % en 2018 et les réformes favorables à la flexibilité du marché du travail et au coût de la main d’oeuvre, l’emploi devrait toutefois se raffermir au second semestre 2018. Cette tendance devrait faire reculer le chômage autour de la barre des 9 %.

Le contexte politique demeurera par ailleurs favorable, la réforme du marché du travail étant appelée à se concrétiser l’année prochaine et la réduction des charges sur les bas salaires restant d’actualité pour les prochaines années. Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a récemment suggéré que cette réduction des charges sur le coût du travail pourrait être étendue aux salaires plus élevés (actuellement, les baisses de charge sont limitées à 2,5 fois le salaire minimum). En outre, le président Emmanuel Macron s’est engagé à mettre en oeuvre un vaste plan d’investissements dans la formation visant à doper l’embauche des chômeurs formés et d’accroître leur nombre. Ces mesures devraient favoriser les intentions d’embauche qui avaient atteint un pic en mars dernier dans le secteur des services et devrait se reprendre en 2018. Ces développements devraient contribuer positivement à la croissance de la consommation privée dès l’an prochain.