Reprise synchronisée

Reprise synchronisée

 L’ING Eco, votre rendez-vous hebdo, vous propose un résumé des dernières actualités macroéconomiques, grâce aux experts d’ING Belgique.

L’économie mondiale semble montrer de plus en plus de signes d’une croissance synchronisée. Les Etats-Unis ont longtemps été la locomotive de la reprise, mais la croissance est également de plus en plus encourageante en Europe et au Japon. D’autant plus que l’activité devrait être stimulée par des impulsions fiscales aux Etats-Unis, en Allemagne et au Japon notamment. Dès lors, les politiques monétaires peuvent petit à petit devenir moins accommodantes. Le mouvement de resserrement pourrait même s’accélérer si l’inflation devait revenir plus vite que prévu.

Les perspectives de croissance américaine ne cessent de s’améliorer. Les indicateurs économiques restent bons et s’améliorent pour certains, ce qui laisse entrevoir une croissance de l’ordre de 2,75% en 2018. Compte tenu d’un taux de chômage qui continue de baisser et des perspectives d’inflation qui se redressent, un nouveau mouvement de hausse des taux de la Fed en décembre reste probable. Le seul point noir reste le risque d’une fermeture des administrations si le Congrès n’arrive pas à un accord sur le plafond de la dette. Ceci causerait pas mal de dommages à l’économie américaine.

Ceci ne serait néanmoins qu’un contretemps pour la Fed qui, sous la présidence de J. Powell à partir de février 2018, devrait relever ses taux encore à deux reprises l’année prochaine. Par ailleurs, il semble que le président Trump attende de la nouvelle équipe dirigeante de la Fed que celle-ci applique sa vision d’une régulation plus souple afin de supporter la croissance économique.

La zone euro continue de surprendre positivement par ses indicateurs solides, si bien qu’un arrêt brutal de la reprise n’est étayé par aucun indicateur économique à ce stade. On fera néanmoins toujours attention aux différents risques politiques qui continuent d’animer la zone euro. Par ailleurs, l’inflation est toujours très faible et ne reviendra que très graduellement. C’est pourquoi le président de la Banque centrale européenne (BCE) ne cesse de marteler que la trajectoire menant à l’arrêt des achats d’actifs sur les marchés (assouplissement quantitatif) sera très longue.

La Banque d’Angleterre (BoE) a procédé à un relèvement de son taux directeur, ce qui n’était plus arrivé depuis 10 ans. Ceci étant, nous ne pensons pas que ce relèvement est le premier d’une longue série. Quelques (timides) avancées semble avoir été engrangées sur le front du Brexit, mais il reste beaucoup d’incertitudes. Compte tenu d’une croissance faible et d’une inflation qui a probablement déjà passé son point haut, nous pensons que le comité de politique monétaire restera prudent en matière de taux.

Lors du 19ème congrès du parti communiste, le président chinois Xi a consolidé son pouvoir. Sa campagne anti-corruption devrait par ailleurs se poursuivre. Même si le nouveau plan de développement ne stipule plus de cible de croissance, l’objectif de la Chine est on ne peut plus clair : surpasser, à l’horizon de 2050, les Etats-Unis comme leader mondial en matières économique et politique.

Au Japon, le pari du Premier ministre Abe d’obtenir une meilleure majorité suite à des élections anticipées est plus que gagné. Il a à présent beaucoup de latitude pour poursuivre ses réformes. Il a surtout l’opportunité de changer la constitution et d’ainsi revenir sur la question du caractère pacifique du Japon. Ceci demandera néanmoins de passer également par un referendum, mais l’attitude de la Corée du Nord augmente la probabilité d’une telle réforme d’être approuvée par la population.

L’opinion des marchés face au dollar apparaît partagée. D’un côté, l’amélioration de la situation économique et la hausse des taux devrait favoriser l’appréciation du dollar. D’un autre côté, on peut douter du fait que la normalisation très graduelle des taux de la Fed n’induise un rallye sur le dollar, alors que la croissance mondiale est en train de s’améliorer. Dès lors, nous pensons que l’EUR/USD devrait naviguer dans une fourchette 1,15-1,20 l’année prochaine, avant que l’euro ne se renforce en deuxième partie d’année.