L'économie de la zone euro

L’économie de la zone euro

L’ING Eco, votre rendez-vous hebdo, vous propose un résumé des dernières actualités macroéconomiques, grâce aux experts d’ING Belgique.

États-Unis – Inflation plus élevée que prévue

En janvier, les ventes au détail américaines ont été plus faibles que prévu, reculant de 0,3% par rapport à décembre. Par ailleurs, la production industrielle américaine a reculé de 0,1% par rapport au mois de décembre, alors que les observateurs attendaient une hausse de 0,2%. En glissement annuel, la production industrielle affiche un taux de croissance toujours élevé de 3,7%, contre 3,4% en décembre. Le taux d’utilisation des capacités de production a également légèrement baissé à 77,5% en janvier par rapport à décembre, contre 77,7% le mois précédent. En février, dans le nord-est des Etats-Unis, la croissance de l’activité économique du secteur manufacturier a progressé de manière inattendue selon l’indice Philly Fed (25,2 contre 22,2 en janvier). En outre, la confiance des consommateurs a également augmenté en février selon les estimations préliminaires de la mesure de l’université de Michigan (99,9 contre 95,7 en janvier). Les perspectives de dépenses et de production étant bonnes, notre scénario table toujours sur une croissance du PIB américain de 3% en 2018.

L’inflation aux Etats-Unis s’est maintenue à des niveaux plus élevés que prévu en janvier. Ainsi, comme au mois de décembre, la croissance des prix à la consommation s’est établie à 2,1%, tandis que l’inflation sous-jacente reste à 1,8%. Nous prévoyons que l’inflation globale atteigne 3% d’ici l’été, tandis que l’inflation sous-jacente se hissera en mars au-dessus de la cible de 2% de la FED. Dès lors, nous estimons que la FED augmentera trois fois ses taux d’intérêts en 2018, dont une fois au mois de mars, et qu’une quatrième hausse des taux en 2018 ne peut pas être exclue.

Zone euro – Croissance soutenue

La croissance du PIB dans la zone euro au quatrième trimestre a été confirmée à 0,6% en glissement trimestriel et 2,7% en glissement annuel, ce qui implique une croissance de 2,5% sur l’ensemble de l’année 2017. Pour l’année 2018, notre scénario table sur une croissance toujours très robuste de 2,4% dans la zone euro. Néanmoins, les élections prévues début mars en Italie et la formation du gouvernement allemand demeurent des risques pour la croissance de la zone euro. Du côté de la BCE, on ne remarque pas de changements de direction. Des discours donnés par les membres du comité de direction indiquent qu’il n’y a pas de changement rapide de politique monétaire à prévoir.

Japon – Perspectives positives pour 2018

Le PIB japonais a augmenté de 0,5% en glissement trimestriel annualisé au dernier trimestre de l’année 2017. Ce résultat met un terme à huit trimestres consécutifs de croissance à plus de 1% (QoQ annualisé). Sur l’ensemble de l’année 2017, le Japon a dès lors connu une croissance de 1,6%, ce qui est un bon résultat, compte tenu du faible potentiel de croissance du Japon. Notre scénario table sur une croissance encore plus élevée en 2018 (1,8%). Notre principale source d’optimisme pour la croissance provient d’une hausse forte et durable des bénéfices des entreprises, principalement dans le secteur manufacturier, qui devrait se répercuter sur l’investissement, l’emploi, la croissance des salaires et les dépenses de consommation.

L’économie de la zone euro

L’activité économique se porte bien dans la zone euro. Et il semble que ceci devrait se poursuivre pendant un certain temps. Sur le front de l’inflation, on n’observe pas encore d’évolution durable en direction de l’objectif de la BCE, mais nous sommes d’avis que ceci devrait changer dans les prochains trimestres. L’output gap devrait en effet revenir en terrain positif en 2018, ce qui est susceptible d’exercer des pressions haussières sur les prix.

La semaine dernière, les données économiques de la zone euro ont à nouveau été très positives. Les chiffres de la croissance du PIB au quatrième trimestre confirment la tendance favorable à la fin de 2017 (graphique 1).

Presque tous les États membres de la zone euro ont renoué avec leurs niveaux d’avant-crise et certains, comme l’Allemagne et la Belgique, ont même dépassé ces niveaux de près de 10% (graphique 2). Au cours de ces dernières années, l’Espagne a effectué un impressionnant mouvement de rattrapage. Depuis 2015, le pays affiche chaque année une croissance de plus de 3% et en 2017, le niveau de 2008 a été à nouveau atteint. Le Portugal, dont le PIB avait affiché un parcours similaire à celui de l’Espagne au cours des années de crise, effectue également un mouvement de rattrapage. On s’attend ainsi à ce que le Portugal renoue en 2018 avec le niveau de 2008. Italie converge aussi vers le niveau de 2008, mais très lentement. Les chiffres macroéconomiques les plus récents sont certes meilleurs, mais ils ne sont pas encore reflétés par de solides chiffres de la croissance du PIB (graphique 2).

L’économie grecque constitue la seule exception à cette évolution positive. Selon l’Eurobaromètre, une enquête de la Commission européenne, seuls 2% des Grecs estiment que la situation économique actuelle est bonne. Le pays reste dans une situation économique difficile. En 2017, le PIB se situait toujours plus de 25% sous le niveau de 2008 et ceci est le cas depuis 2013, lorsqu’un niveau plancher a été atteint (graphique 2). Toutefois, un certain optimisme est de mise ici aussi. L’emploi a ainsi crû de 2,6% en glissement annuel au troisième trimestre de 2017, tandis que le chômage est orienté à la baisse. Les principales mesures d’austérité appartiennent par ailleurs au passé. Les indicateurs de confiance augmentent par conséquent, en particulier la confiance des consommateurs.

Même si l’économie de la zone euro croît très rapidement, l’inflation demeure sous l’objectif de la BCE. Il n’est en outre pas encore question d’une évolution durable vers les 2%. L’inflation sous-jacente (sans l’alimentation, l’énergie, le tabac et l’alcool) fluctue depuis longtemps autour de 1%. Les entreprises s’attendent à une hausse des prix de vente depuis un certain temps déjà, mais jusqu’à présent, ceci ne semble pas se répercuter sur l’inflation sous-jacente.

Ceci pourrait cependant changer prochainement. La Commission européenne s’attend à ce que l’output gap1 de la zone euro devienne positif en 2018. Selon elle, l’output gap fera son retour en territoire positif dans les six principales économies de la zone euro, à l’exception de la France. En 2019, la situation devrait continuer à évoluer positivement et la France devrait également afficher un output gap positif. Un output gap positif signifie que l’économie produit davantage que ce qui est nécessaire à plus long terme, ce qui est dès lors associé à des pressions haussières sur les prix. Même si la Commission est peut-être un peu trop optimiste en matière d’évaluation de l’output gap, il n’y a pas de doute sur le fait qu’il se réduit rapidement.

Le solide parcours économique de la zone euro a également renforcé la confiance dans la monnaie unique. Depuis mai 2013, lorsque la proportion de partisans de l’euro a atteint un plancher de 62%, on observe une tendance haussière. Actuellement, 74% de la population vivant dans la zone euro est en faveur de la monnaie unique. Il existe néanmoins des différences importantes entre les États membres de la zone euro. En Slovénie, il y a 85% de partisans, soit la proportion la plus élevé de tous les pays. En Grèce, il n’y a en revanche que 66% de partisans, ce qui s’explique par la mauvaise situation économique du pays. Néanmoins, la Grèce n’est pas le pays qui compte le moins de partisans de l’euro. C’est l’Italie qui affiche le score le plus faible, avec 59% seulement de partisans. Ceci explique pourquoi les élections italiennes à venir sont considérées comme un risque pour la stabilité de la zone euro. Même si la probabilité de voir un parti eurosceptique arriver au pouvoir est faible, les négociations risquent d’être difficile et de déboucher sur un gouvernement faible.

1 L’output gap est égal à la différence entre le PIB actuel et le PIB potentiel en pourcentage du PIB potentiel.