En quête de bonnes nouvelles

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États-Unis – Un marché de l’emploi toujours solide

Aux Etats-Unis, les commandes industrielles ont augmenté en août de 2,3% mom après la baisse de 0,5% en juillet, signe que le secteur industriel est soutenu par une vigoureuse demande. En outre, l’indice ISM du secteur des services a atteint 61,6 en septembre, en hausse par rapport au niveau de 58,5 en août et son plus haut niveau depuis 1996. D’autre part, le nombre de travailleurs a augmenté de 134 000 personnes en septembre (270 000 en août). Ces données ont été impactées négativement par l’ouragan Florence, mais cet impact ne devrait être que temporaire. Boostée par la politique budgétaire, la croissance de l’emploi salarié reste extrêmement forte depuis le début de l’année, avec une moyenne de 206 000 par mois (moyenne de 182 000 en 2017). Les salaires ont également continué leur hausse (2,8% yoy, soit 0,3% mom). En outre, le taux de chômage a chuté à 3,7%, son plus bas niveau depuis 1969. Dans l’ensemble, l’économie américaine est sur la voie d’une croissance de 3% cette année, le marché du travail se porte bien et les pressions inflationnistes sont à la hausse. En conséquent, nous tablons sur une hausse des taux d’intérêt par la Fed en décembre et trois autres hausses probables l’année prochaine. Par ailleurs, les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sont parvenus à un nouvel accord commercial, l’USMCA, pour remplacer le NAFTA. Ce nouvel accord doit encore être approuvé par le Congrès américain, après une période d’examen de 60 jours (donc après les élections de mi-mandat). Une victoire des démocrates aux élections pourrait donc rendre l’adoption difficile. Nous estimons qu’il ne faut pas voir dans cet accord un affaiblissement de la politique protectionniste de Donald Trump : ce n’est pas parce qu’un accord a été trouvé en Amérique du Nord, qu’un accord avec la Chine sera trouvé à court terme.

Zone Euro – Un inquiétant budget italien

L’Italie et son budget ont continué d’inquiéter les marchés, tendant les rendements obligataires et poussant le spread avec le taux allemand à son niveau le plus haut depuis 2013. Le gouvernement a en effet décidé de viser un déficit de 2.4% du PIB en 2019, de 2,1% en 2020 et de 1,8% en 2021. Ce déficit est plus élevé que prévu, ce qui pourrait mener à des discussions houleuses avec l’Union Européenne lorsque le draft du budget sera soumis à la Commission Européenne (pour le 15 octobre) et que la période de négociation commencera. Le budget final sera voté en Italie en décembre. En attendant ce vote, l’imprévisibilité du gouvernement devrait conduire à une volatilité toujours forte sur les marchés. Et des révisions possibles de la note de l’Italie par les agences de notations à la fin du mois n’aideront pas à diminuer cette volatilité.
Par ailleurs, les ventes au détail dans la zone euro ont augmenté de 1,8% en glissement annuel en aout, contre 1,1% le mois précédent, signe d’une relative bonne santé de la demande intérieure.

Royaume-Uni – Un secteur des services solide dans un contexte incertain

L’indicateur PMI britannique des services s’est établi à 53,9 en septembre, en faible baisse par rapport au niveau d’août (54,3), ce qui indique que le secteur reste dans un état relativement solide. Mais, à mesure que le risque perçu d’un Brexit «sans accord» augmente, les entreprises pourraient faire face à une fin d’année plus difficile. Notre scénario de base est qu’un accord sera conclu entre l’UE et le Royaume-Uni. Néanmoins, il est peu probable que cet accord arrive rapidement, ce qui suggère que l’incertitude va probablement augmenter dans les prochains mois. Une telle incertitude est défavorable pour l’activité économique britannique et pourrait conduire à de la volatilité sur les marchés.

En quête de bonnes nouvelles

La croissance économique mondiale reste bonne, mais les risques politiques suscitent des inquiétudes. Le protectionnisme reste un thème important. S’il est vrai que l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique est encourageant, les tensions entre les États-Unis et la Chine, d’une part, et avec l’Europe, d’autre part, perdurent. Dans la perspective des élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre, il est fort possible que le président Trump ne soit pas disposé à faire beaucoup de concessions, et les risques devraient perdurer. En outre, il y a également les problèmes internes de l’Europe, comme les négociations budgétaires en Italie et le risque grandissant d’un « no-deal Brexit ». Les marchés émergents ne sont pas non plus à l’abri de l’augmentation du coût de financement aux États-Unis et du renchérissement du dollar. Les marchés financiers devront donc digérer de nombreux éléments au quatrième trimestre de 2018 et la volatilité risque de rester présente.

Aux États-Unis, malgré les préoccupations politiques, l’économie reste solide. En conséquence, la progression de l’inflation pousse la Réserve Fédérale (FED) à poursuivre les hausses de taux. Nous en attendons encore une en décembre 2018. En outre, nous adaptons nos prévisions pour la suite : en 2019, nous prévoyons désormais trois hausses de taux, et aucune en 2020 (auparavant nous en attendions deux en 2019 et une en 2020). En outre, la Banque centrale américaine a réfuté la critique selon laquelle elle ne tient pas compte des effets de sa politique sur les marchés émergents. Il est clair que la FED ne peut pas faire grand-chose aux défis internationaux de certains marchés émergents, mais en même temps, la solidité du dollar et l’augmentation des coûts de financement américains n’aident pas ces derniers.

Les enquêtes d’opinion relatives aux élections de mi-mandat du 6 novembre montrent que les Républicains éprouveront probablement des difficultés à garder le contrôle de la Chambre des Représentants. S’ils perdent ce contrôle, le Président Trump rencontrera de plus grandes difficultés à faire accepter sa politique par le parlement. Dans ce cas, on peut s’attendre à ce qu’il se concentre davantage sur la politique commerciale pour veiller à ce que les États-Unis restent traités « correctement ». En effet, le président a un pouvoir législatif sur les problématiques du commerce international et n’a pas besoin du parlement pour ce type de décisions. En outre, Donald Trump sait que ses électeurs apprécient ses positions portant sur le commerce international.

En zone euro, les tensions sont réapparues avec le budget italien. Selon les dernières nouvelles, le déficit budgétaire de l’Italie serait de 2,4 % en 2019, 2,1 % en 2020 et 1,8 % en 2021. Les discussions sur le budget italien ont fortement perturbé les marchés financiers. Ainsi, le spread entre les obligations d’État à 10 ans allemandes et italiennes a dépassé les 300 points de base. Nous pensons toutefois qu’un compromis sur le budget sera trouvé avec la Commission européenne. Notons néanmoins que l’absence d’une intégration plus poussée de la zone euro signifie que les tensions que nous connaissons aujourd’hui avec l’Italie se répéteront probablement dans le futur, principalement si la croissance économique se met à ralentir. À l’heure actuelle, nous pensons que la croissance de la zone euro continuera à ralentir l’année prochaine, mais qu’elle restera satisfaisante. Nous prévoyons une croissance de 2,0 %, en 2018 et de 1,7 % en 2019, ce qui est donc plus faible que la bonne croissance de 2,5 % en 2017. Il faut noter que nous considérons aujourd’hui que le risque de ralentissement de la croissance en 2019 est plus grand qu’il ne l’était il y a quelques semaines. Dans le même temps, l’inflation sous-jacente reste inférieure aux attentes, ce qui limite le risque de resserrement monétaire en 2019.

Au Royaume-Uni, le Brexit domine toujours l’actualité. Il semble que le gouvernement britannique soit disposé à proposer un compromis sur l’épineux problème de la frontière avec l’Irlande (« The Irish Backstop »), mais, comme toujours, il n’y a aucune garantie que les membres du parlement suivent la Première ministre. Nous estimons encore qu’un accord sera finalement trouvé et que nous éviterons le « no-deal Brexit », mais il nous semble peu probable que nous puissions l’attendre avec certitude avant la fin de l’année. À court terme, l’incertitude augmentera donc.

Concernant les taux de change, le potentiel à la hausse du taux de change EUR/USD au dernier trimestre de 2018 semble limité. Il pourrait par contre être plus important l’année prochaine puisque l’échéance d’une première hausse de taux par la BCE se rapprochera. Par ailleurs, la livre sterling reste influencée par les négociations autour du Brexit. Nous restons en outre prudents sur le potentiel de progression des devises des marchés émergents puisque la rhétorique de guerre commerciale peut faire son retour.

Pour les taux, il apparait que les taux d’intérêt de marché sont à la hausse, ce qui n’est pas vraiment une surprise. Pour le futur, la FED devrait poursuivre ses hausses de taux. Du côté de la BCE, elle s’est montrée plus optimiste concernant la situation économique. D’autre part, les risques du côté de la Turquie et de l’Italie sont plus ou moins sous contrôle à l’heure actuelle.