France : le retour des craintes liées au chômage

France : le retour des craintes liées au chômage

10 000 chômeurs supplémentaires ont été enregistrés en mai, soit la deuxième augmentation mensuelle consécutive. Ce phénomène pourrait influer sur la croissance, dans la mesure où la confiance des consommateurs a reculé en juin en raison des craintes croissantes à l’égard du chômage. Dans ce contexte, les dépenses des vacances d’été pourraient ralentir.

97 (Plus faible que prévu) Niveau de confiance des consommateurs en juin au plus bas depuis août 2016

Le chômage a augmenté pour le deuxième mois consécutif en mai

Les 12 400 chômeurs supplémentaires enregistrés en avril ne constituaient au final pas une situation exceptionnelle : 10 300 nouveaux chômeurs ont été enregistrés en mai, entraînant la plus forte hausse en l’espace de presque un an. Depuis le début de l’année, les chiffres se sont avérés décevants, même en tenant compte de la forte baisse constatée en février. Le nombre de chômeurs recule de 3 800 personnes par mois en 2018. Ce rythme est plus rapide que l’an dernier (seulement moins de 1 000 par mois), mais bien inférieur aux chiffres enregistrés durant la précédente reprise (2005-2007), lorsque le nombre de chômeurs reculait à hauteur de 20 000 personnes par mois. L’actuel rythme est trop lent pour confirmer le sentiment des consommateurs qu’il s’agit d’une tendance à long terme, même si l’actuelle étape du cycle devrait normalement connaître de nouvelles baisses du chômage.

Un moral en berne pourrait freiner les dépenses des vacances d’été

Ce phénomène a eu un impact sur la confiance des consommateurs qui a reculé de 99,3 à 97 en juin, son plus bas niveau depuis août 2016. La crainte du chômage, qui s’était apaisée au cours des 12 derniers mois, a été ravivée en mai, entraînant une chute de l’indice global, ainsi qu’un récent recul des intentions d’achat. Les données relatives à la confiance au deuxième trimestre ne présagent rien de bon pour la croissance de la consommation privée pendant l’été. La croissance des dépenses au deuxième trimestre devrait montrer une certaine reprise après un début d’année morose, même si elle aura pâti des effets des grèves sur la consommation pendant les vacances de Pâques et les ponts de mai. Pour 2018, nous pensons donc toujours que la consommation privée n’enregistra qu’une très faible accélération par rapport aux 1,1 % seulement atteints en 2017.