L'industrie, reflet de l'activité actuelle

L’industrie, reflet de l’activité actuelle

En France, l’indicateur de sentiment économique de la Banque de France est passé en janvier sous la barre des 100.0 points pour la première fois depuis novembre 2016, soulignant des risques de faiblesse au 1er trimestre. A l’heure actuelle, seuls des chiffres bien plus bas pourraient signaler une nouvelle détérioration pour la production. En baisse au 4ème trimestre, la croissance de la production aura été limitée à 0,7% en 2018 après 2,4% en 2017. Nous l’attendons à 1% en 2019.

Baisse de la production industrielle au T4 malgré le rebond de décembre

La production industrielle française a rebondi de 0,8% en glissement mensuel en décembre. La production manufacturière a augmenté de 1,1% malgré une nouvelle baisse de la production de biens de consommation durables. Le rebond n’a pas été suffisant pour éviter une baisse de 0,5% en glissement trimestriel au T4. En 2018, la production industrielle aura enregistré une croissance négative au cours de trois trimestres sur quatre et a fini l’année 1,4% en deçà de son niveau de décembre 2017. Au total, en 2018, la production industrielle aura progressé de 0,7%, résultat également atteint dans l’industrie manufacturière après des taux de croissance de respectivement 2,4% et 2,9% atteints en 2017.

Les chiffres de la production industrielle reflètent dans une large mesure la situation de l’économie française. La production manufacturière de biens d’investissement a augmenté de 2,3% en 2018, une croissance compensée par une baisse de la production de biens de consommation durables et de l’activité dans le secteur de la construction, de respectivement 4% et 0,4% en 2018. Ces chiffres confirment que les entreprises françaises ont continué d’investir grâce à des coûts de financement peu élevés, à des carnets de commandes bien remplis et à une utilisation élevée des capacités. Ainsi, même la crise des «gilets jaunes» n’a pas empêché une utilisation élevée des capacités au dernier trimestre, principalement grâce à la demande étrangère.

Par contre, le niveau d’anxiété élevé observé dans les enquêtes auprès des consommateurs ces derniers mois a déprimé la demande dans le secteur de la construction, même au niveau actuellement bas des taux d’intérêt hypothécaires: les investissements des ménages ont reculé de 0,4% au 4ème trimestre, la seconde baisse d’affilée, pour la première fois depuis 2015. L’activité dans la construction résidentielle ne semble donc pas retrouver le souffle de sa reprise de 2015-2017, alourdissant le bilan d’une décennie marquée par de nombreux changements fiscaux. Quoi qu’il en soit, le faible niveau de confiance actuel affaibli la production du secteur, tout comme les faiblesses de la consommation privée ont provoqué une baisse de la production de biens de consommation.

Nous prévoyons un début 2019 dans la même veine

En janvier, l’indicateur de sentiment économique de la Banque de France est passé sous la barre des 100 points pour la première fois depuis novembre 2016, soulignant des risques de faiblesse au 1er trimestre. Au vu de la faiblesse de la production à la fin de l’année, seuls des niveaux inférieurs à 95 pourraient encore signaler une détérioration de la situation. Nous nous attendons donc à ce que le début 2019 soit dans la veine entamée au 4ème trimestre, les investissements restant le principal moteur de la demande intérieure. Nous pensons actuellement que la production industrielle devrait atteindre 1,0% en 2019, un rythme légèrement supérieur à celui des années précédentes (0,3% en 2014-2016). L’effet de rattrapage dans l’industrie automobile devrait également soutenir le secteur manufacturier cette année. Un autre argument en faveur de l’idée selon laquelle le ralentissement de la production de biens de consommation durables est temporaire est le fait que la consommation privée devrait rebondir légèrement en 2019 en raison de la baisse des prix de l’énergie, de la baisse du chômage et de l’augmentation du pouvoir d’achat. Encore une fois, nous nous attendons à ce que le rebond soit limité par le niveau d’anxiété actuel, qui, selon nous, alimentera les comportements d’épargne plutôt que la consommation au cours des prochains mois. La croissance de la consommation privée devrait être limitée à 1,2% en 2019, avec une croissance du PIB légèrement plus rapide, de 1,3%.