ING va aligner son portefeuille sur l'objectif des 2 degrés pour aider à lutter contre le changement climatique

ING va aligner son portefeuille sur l’objectif des 2 degrés pour aider à lutter contre le changement climatique

ING possède un portefeuille de prêts de plus de 500 milliards d’euros répartis à travers de nombreux secteurs, qu’elle va commencer dès à présent à aligner sur l’objectif de l’Accord de Paris, en vue de limiter le réchauffement climatique bien en deçà des deux degrés.

Dans cette optique, nous avons décidé de co-créer l’approche Terra, une méthode innovante et précise pour mesurer notre portefeuille. Cette initiative fera de nous la première banque à s’engager à utiliser des scénarios fondés sur des projections scientifiques pour piloter sa stratégie commerciale.

L’approche Terra évaluera l’évolution technologique nécessaire dans certains secteurs pour limiter la hausse des températures mondiales bien au-dessous de deux degrés Celsius. Dans le secteur automobile, par exemple, il ne suffit pas de fabriquer moins de voitures à essence pour réduire les émissions. Il est également nécessaire de fabriquer davantage de véhicules électriques.

Terra mesurera cette évolution nécessaire des technologies par rapport aux technologies que les clients utilisent actuellement et qu’ils envisagent d’utiliser dans le futur. C’est à ce stade que le financement intervient et qu’ING peut avoir un impact.

« Il appartient aux banques de financer le changement positif et c’est ce défi que nous voulons relever. Nous pensons que l’approche Terra nous permettra de créer une réelle différence », déclare Isabel Fernandez, responsable de la division Wholesale Banking d’ING

L’approche Terra est le fruit de notre collaboration avec la 2˚ Investing Initiative (2˚ii), un think tank international qui développe des indicateurs pour mesurer la performance climatique sur les marchés financiers. 2˚ii est soutenue par des organes comme la Commission européenne et différents gouvernements européens et bénéficie de la collaboration d’universitaires, de groupes d’experts et d’organisations de la société civile.

Certains secteurs

Terra se concentrera sur les secteurs les plus producteurs d’émissions de gaz à effet de serre : l’énergie (notamment le pétrole, le gaz, les énergies renouvelables et les énergies conventionnelles), le secteur automobile, les transports maritimes et aériens, l’acier, le ciment, les prêts immobiliers résidentiels et l’immobilier commercial. 

Des organismes indépendants, comme l’Agence internationale de l’énergie, élaboreront des scénarios détaillés par secteur dans lesquels ils décriront les changements technologiques nécessaires et préciseront l’échéance avant laquelle ces changements doivent intervenir. 

Les données sur les actifs que les entreprises utilisent aujourd’hui pour leur production ainsi que pour leurs plans d’investissement, proviendront de bases données qui suivent des entreprises publiques et privées de différentes tailles dans le monde entier. Autrement dit, les clients ne seront pas « bombardés » de demandes de la part d’ING afin de fournir des données.

Il est évident que chaque secteur sera traité selon une approche personnalisée, ce qui devrait faire de Terra un outil extrêmement efficace. Pour certains secteurs, l’approche exigera d’être davantage affinée, une tâche qui fera l’objet de travaux ultérieurs en collaboration avec 2˚ii ainsi qu’avec les différentes équipes sectorielles d’ING. 

Quels sont les changements, quelle doit être leur portée et avant quelle échéance ?

L’approche Terra ne se contentera pas seulement d’indiquer les changements qui doivent être mis en place. Elle évaluera également leur portée et l’échéance avant laquelle ils doivent intervenir. En appliquant cette approche à ces secteurs, il nous sera possible d’identifier les clients les plus avancés sur la voie de la transition vers une économique à faible intensité de carbone ainsi que ceux qu’ING peut aider le plus. 

Nous pourrons ainsi déterminer si les prêts que nous octroyons contribuent ou non à atténuer les effets du changement climatique. 

Une fois que nous aurons ces informations en main, nous pourrons nous concentrer sur les changements requis par le secteur dans son ensemble et, par conséquent, à notre échelle, les appliquer à notre portefeuille de prêts. En d’autres termes, nous pourrons définir les investissements et les désinvestissements qui peuvent être demandés à nos clients et à nos clients potentiels, au lieu de simplement modifier la composition de notre portefeuille.

L’approche Terra complétera les autres moyens que nous mettons en œuvre pour lutter contre le changement climatique. Nous nous sommes, par exemple, engagés à réduire notre exposition au charbon à près de zéro d’ici 2025 et notre système de prêts indexés sur l’amélioration des performances en matière de développement durable récompense les entreprises pour leur performance en matière de développement durable.
 
Une approche ouverte aux autres banques

Terra est une approche ouverte et nous avons entamé un dialogue avec d’autres banques et parties prenantes. La plupart des banques avec lesquelles nous nous entretenons ont un avis positif concernant la méthodologie et reconnaissent les avancées considérables réalisées par ING. Une norme applicable à l’ensemble du secteur bancaire aurait le mérite d’accroître la transparence et, par conséquent, notre efficacité collective, dans la lutte contre le changement climatique. 

« Nous sommes très heureux qu’une banque internationale comme ING nous aide à mettre en place cette méthodologie pour les prestataires de services financiers », déclare Jakob Thomä, directeur général de 2˚ii. « La méthodologie et les portefeuilles alignés sur l’objectif des deux degrés qu’elle permettra d’obtenir joueront un rôle important dans la lutte contre le changement climatique. Nous espérons que d’autres banques suivront l’exemple d’ING et l’adopteront également. »

Notre mise en œuvre de Terra démarre maintenant, en évaluant les secteurs cibles de notre portefeuille de prêts. Il s’agira d’un processus en continu. Nous entendons rendre compte de nos avancées dans notre Rapport annuel et nous travaillons en vue d’établir des objectifs pour les différents secteurs. 

Nous sommes persuadés que l’approche Terra aura des retombées non négligeables, en nous permettant, à l’instar du reste du secteur bancaire, de financer le changement dont le monde a besoin pour évoluer vers une économie à faible intensité de carbone.

Quel est son fonctionnement ? Terra en quatre étapes

  1. Nous utiliserons des scénarios pour les secteurs responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre. Ils souligneront les technologies qui doivent évoluer, jusqu’à quel point et avant quelle échéance, afin de limiter la hausse des températures mondiales bien au-dessous de deux degrés Celsius.
  2. Nous mesurerons cette évolution nécessaire des technologies par rapport aux technologies que les clients utilisent actuellement et qu’ils envisagent d’utiliser dans le futur. Le cas échéant, nous vérifierons si les clients possèdent une stratégie, afin de faciliter la transition de technologies fortement émettrices de gaz à effet de serre vers des technologies plus respectueuses de l’environnement.
  3. Nous accompagnerons les clients dans leur parcours vers un futur durable et nous apporterons notre soutien aux clients potentiels qui contribueront à l’évolution technologique nécessaire.
  4. Nous évaluerons notre portefeuille de prêts afin de vérifier s’il est aligné sur la transition vers une société à faibles émissions de carbone.
Questions/réponses

Pourquoi l’approche Terra et pas un autre type de mesure ?

Nous travaillons depuis plusieurs années sur une méthode capable de mesurer l’impact climatique de notre portefeuille de prêts. Les méthodes précédentes, centrées sur les « émissions financées » n’étaient pas suffisamment précises et il n’existe pas encore de norme de marché permettant de mesurer le portefeuille d’une banque. Nous pensons que l’approche Terra, qui se concentre sur les « technologies financées », peut changer la manière dont les banques conçoivent la transition énergétique. Par rapport à d’autres approches de mesure, elle est précise, tournée vers l’avenir et devrait avoir un impact plus important, en aiguillant les secteurs clés vers des technologies mettant en avant un futur à faibles émissions de carbone au lieu de simplement mesurer un passé à forte teneur en carbone. Nous pensons que le défi du changement climatique offre des opportunités et nous aiderons nos clients à les saisir.


Quelle échéance ING s’est-elle fixée pour aligner son portefeuille de prêts sur l’objectif des deux degrés de l’Accord de Paris ?

La mise en œuvre de l’approche Terra commence dès maintenant. Nous commencerons par évaluer nos portefeuilles de prêts par rapport aux scénarios sectoriels décrits par des organismes indépendants comme l’Agence internationale de l’énergie. L’application de l’approche sera un processus en continu. Les résultats indiqueront si nos clients investissent collectivement dans l’évolution nécessaire dans chaque secteur, en vue d’être en ligne avec l’objectif de maintien du réchauffement climatique au-dessous de deux degrés.


ING prévoit-elle de se désengager des secteurs responsables des plus fortes parts d’émissions de gaz à effet de serre ?

L’objectif de l’Accord de Paris est de trouver un équilibre entre le climat et l’économie. En d’autres termes, afin de préserver l’économie mondiale, le monde doit accepter un certain niveau de changement climatique.

L’Agence internationale de l’énergie estime que dans un scénario conforme à l’objectif des deux degrés, près de la moitié de l’énergie mondiale restera couverte par le pétrole et le gaz en 2040. Cette demande en elle-même devrait augmenter de 30 % d’ici cette date si aucune mesure supplémentaire n’est prise, ce qui reviendrait créer l’équivalent de deux autres pays comme la Chine et l’Inde aux niveaux actuels. Pour faire simple, la demande progresse plus vite que les options vertes qui existent pour la satisfaire. 

En tant que banque, nous devons considérer ce qui est nécessaire et ce qui est faisable. Nous devons agir sur deux éléments : les sources d’énergie et la consommation d’énergie. La consommation énergétique ne se réduira qu’au prix d’une meilleure efficacité énergétique. Cela suppose une évolution considérable pour la société. Nous devons adopter un modèle économique plus circulaire et acheter des produits qui consomment moins d’énergie. Cette évolution est en cours : les véhicules électriques en donnent un bon exemple.

Sur le plan des sources d’énergie, l’économie mondiale devra opérer une transition d’une économie basée sur les combustibles fossiles vers une économie basée sur les énergies propres. Dans ce but, l’approche Terra permettra à ING de déceler les opportunités à l’appui de cette évolution dans chaque secteur lié au changement climatique, d’évaluer la portée des transformations nécessaires et avant quelle échéance. 

Bien qu’ING soit active à tous les niveaux pour soutenir ce changement sociétal, il faut se rendre à l’évidence : nous ne pourrons pas y arriver par notre seule action.


Qu’est-ce que la 2˚ Investing Initiative et pourquoi ING travaille-t-elle avec elle ?

La 2˚Investing Initiative (2°ii) est le principal Think Tank international spécialisé dans le développement d’indicateurs visant à mesurer les risques climatiques à long terme ainsi que les options de politique liées sur les marchés financiers. 2°ii coordonne les plus importants projets de recherche mondiaux consacrés aux indicateurs de performance climatiques sur les marchés financiers, avec plus de 40 partenaires de recherche dans les secteurs publics, privés et philanthropiques et plusieurs millions de financements attribués à des partenaires de recherche jusqu’à présent. 2°ii est soutenue par des organes comme la Commission européenne et différentes adminsitrations européennes et bénéficie de la collaboration d’universitaires, de groupes d’experts et de la société civile.


En dehors de l’approche Terra, que faisons-nous pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Beaucoup. Dans un premier temps, nous avons commencé par appliquer ces préceptes à nous-mêmes. Voilà pourquoi nous avons un bilan carbone neutre depuis 2007 et nous avons défini des objectifs ambitieux pour aller encore plus loin. Toutefois, dans la mesure où c’est dans le domaine du financement que notre impact est le plus important, nous avons, par exemple, apporté des millions d’euros de financement pour des projets de parcs éoliens et de production d’énergie solaire et d’énergie géothermique. Notre objectif est de doubler notre portefeuille de financement climatique d’ici 2022, par rapport à 2017. Nous refusons également d’investir dans certaines sociétés et certains secteurs, afin de réduire notre exposition aux centrales thermiques à charbon à près de zéro d’ici 2025.

Nos obligations vertes, notre programme d’économie circulaire et notre Programme de prêts indexés sur l’amélioration des performances en matière de développement durable dans le cadre duquel les clients bénéficient de taux d’intérêt préférentiels en contrepartie d’une amélioration de leur performance en matière de développement durable, figurent également au nombre des actions que nous avons mises en place dans l’optique de la transition vers une société à faibles émissions de carbone. Pour en savoir plus sur notre position sur le changement climatique.