Les intentions d'embauche demeurent fortes malgré une confiance en baisse

Les intentions d’embauche demeurent fortes malgré une confiance en baisse

La confiance des entreprises françaises est restée stable en mai dans la plupart des secteurs, mais elle a fortement baissé dans les services où, dans un contexte de grève à répétition, elle a atteint son plus bas niveau depuis janvier 2017. Cela a fait pencher le chiffre global de la confiance dans le négatif. Toutefois, certains éléments prospectifs restent positifs.

106 Niveau de confiance des entreprises en mai, au plus bas depuis juin 2017 et inférieur au consensus

Les indicateurs de confiance des entreprises ont confirmé la mauvaise surprise des chiffres de l’indice PMI publiés récemment

Les résultats des enquêtes menées en mai auprès des directeurs des achats montrent un ralentissement rapide de l’activité dans le secteur des services, l’indice atteignant, à 54,3, son plus bas niveau depuis janvier 2017. Le rebond de l’activité manufacturière n’a pas suffi à compenser cela dans l’indice composite. Ces chiffres ont été confirmés par les principaux indicateurs de confiance des entreprises. Si ceux-ci font état d’une stabilisation dans le commerce de détail, la construction et l’industrie (qui bénéficie toujours de solides carnets de commandes), le secteur des services a au contraire connu une forte chute : la récente faiblesse de l’activité a conduit à une révision profonde des perspectives générales, au plus bas depuis un an, ce qui, dans l’enquête, a pesé sur les éléments de prix et de demande. Ce recul s’explique en partie par les grèves à répétition dans les secteurs du transport ferroviaire et aérien, qui ont également affecté l’activité touristique au cours des dernières semaines des vacances de Pâques et des longs week-ends du début mai.

Cependant, en dehors du secteur des services, les chiffres ne sont pas aussi moroses que ce que l’on pourrait le penser à première vue. Ainsi, malgré des perspectives générales plus sombres et une hausse des stocks, le commerce de détail demeure optimiste quant aux ventes futures et les intentions d’achat demeurent élevées. Dans le secteur de la construction, bien que dernièrement l’activité ait été plus faible que prévu, les prévisions demeurent supérieures au premier trimestre et le niveau d’utilisation des capacités reste au-dessus de 89 %, ce qui implique des intentions d’embauche encore fortes. À cet égard, il faut noter que les intentions d’embauche dans le secteur des services, bien que moins optimistes en mai qu’en mars, sont demeurées bien au-dessus de leur niveau de 2017. Pour le marché de l’emploi, même si une baisse de la confiance des entreprises n’est pas bon signe, les intentions d’embauche indiquent toujours une reprise en cours, ce qui n’était pas visible dans les chiffres du chômage du premier trimestre 2018.

Le chômage a ponctuellement augmenté au premier trimestre

Le chômage en France métropolitaine a connu au premier trimestre une hausse ponctuelle plus importante que prévu, passant de 8,9 % à 9,2 %. L’augmentation du nombre de chômeurs aurait été de 80 000 au sens de l’OIT, tandis que Pôle Emploi enregistrait au premier trimestre une baisse de 52 000. La seule façon de concilier les deux mesures est de prendre la baisse totale du chômage sur les neuf mois précédant mars (environ -40 000). Les deux mesures montrent alors que la dynamique est positive et que le chômage est sur une tendance à la baisse, bien que lente.

Pour l’instant, les chiffres sont faussés par la fin des mesures précédentes de contrats aidés. Par exemple, au cours des neuf derniers mois, les catégories D et E (qui incluent les chômeurs qui ne sont pas en recherche d’emploi car ils sont en formation, en apprentissage, ou bénéficient d’une forme ou une autre d’emploi aidé) ont vu le nombre de chômeurs baisser de 100 000 : ceux-ci ont été absorbés en majeure partie par la création de nouveaux emplois, avec à la clé une baisse nette du nombre de chômeurs, à 3 422 millions (-2,2 % sur un an). Avec la fin prévue de 120 000 emplois aidés en 2018, des chiffres de l’emploi décevants ne reflètent pas forcément un marché du travail à la peine. Nous continuons donc de penser que les consommateurs français ressentiront un mieux cette année, avec pour résultat une légère hausse de la consommation privée en 2018 et une franche augmentation en 2019.

Néanmoins, l’amélioration paraît trop lente quand on considère la croissance de l’emploi, qui n’a atteint que 1 % en 2017, après 0,7 % en 2016. Par ailleurs, le chômage des jeunes reste très élevé à 22 % (contre un pic de 25 % en 2016), ce qui a alimenté le débat récent autour de nouvelles mesures pour les 1 200 banlieues françaises (qui représentent 5,5 millions d’habitants), où le chômage des jeunes était, fin 2017, de 45 %.  Il ne fait aucun doute que des réformes supplémentaires sont nécessaires dans ce domaine pour accélérer la croissance de l’emploi. Cela est l’objectif du deuxième volet de la réforme du marché du travail, qui prévoit de lourds investissements pour faire passer les plus jeunes de la formation à l’emploi. Le projet devrait être débattu avant d’être éventuellement adopté en septembre prochain.