UE et Royaume-Uni à la recherche d'un accord

UE et Royaume-Uni à la recherche d’un accord

États-Unis – Inflation et guerre commerciale

L’inflation des prix à la consommation s’est établie à 2,9% en juin, contre 2,8% en mai, ce qui est la valeur la plus élevée depuis décembre 2011. En outre, l’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des prix de l’énergie et des produits alimentaires, a atteint 2,3% (2,2% en mai). Les prix à la production ont augmenté de 3,4% en glissement annuel en juin, tandis que les prix à la production sans l’énergie et les biens alimentaires sont en hausse de 2,8%. Etant donné que toutes les mesures de l’inflation surveillées par la FED sont au-dessus des 2%, la FED devrait continuer à relever ses taux d’intérêts en 2018. Néanmoins, la perspective d’une guerre commerciale pourrait ralentir la hausse des taux l’année prochaine. En effet, l’administration américaine a annoncé de nouvelles hausses des droits de douane portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis. Cela fait suite aux droits de douane supplémentaires de 25% imposés sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises le 6 juillet dernier (et ceux sur 16 milliards supplémentaires qui devraient suivre), ainsi qu’aux mesures de représailles des autorités chinoises. Cette nouvelle liste pourrait pousser la Chine à rétorquer de nouveau, même si elle ne pourra pas imposer à son tour des droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits importés, car elle n’a importé que pour 168 milliards de dollars de biens américain en 2017. Elle devra donc mettre en place des représailles plus qualitatives. Nous pensons que la Chine ne fera pas de concessions, et les objections des entreprises et politiciens américains ne semblent pas capables de changer la politique de D. Trump. La guerre commerciale devrait donc perdurer.

Zone euro – Redressement de la production industrielle

La production industrielle a augmenté de 1,3% en glissement mensuel (-0,8% en avril), ce qui équivaut à une hausse annuelle de 2,4% (avril +1,7%). L’augmentation a été tirée par toutes les composantes et presque tous les pays, sauf la France et le Portugal qui ont poursuivi leur tendance à la contraction de l’activité industrielle. Après trois baisses au cours des quatre premiers mois de l’année, cette hausse est une bonne nouvelle. Par ailleurs, le procès-verbal de la réunion de la BCE de juin montre qu’il y avait un large accord au sein de la BCE pour préparer la fin du QE en décembre 2018, tout en conservant une flexibilité suffisante. En outre, la BCE semble très optimiste dans ses perspectives de croissance et d’inflation, malgré les risques liés à la guerre commerciale, considérant que «l’expansion économique devrait rester solide et généralisée et se maintenir à un rythme supérieur au potentiel» et que la « probabilité d’une trajectoire d’ajustement soutenue de l’inflation avait clairement augmenté au fil du temps».

Royaume-Uni – Production industrielle et Brexit

La production industrielle a diminué de 0,4% en mai (-1% en avril), ce qui équivaut à une hausse de 0,8% en glissement annuel (+1,8% en avril). D’autre part, la statistique mensuelle du PIB montre que le PIB a augmenté de 0,3% mom (+1,5% yoy) en mai, en hausse par rapport au mois d’avril. Il semble donc que l’économie britannique ait rebondi après le faible premier trimestre. S’il n’y avait pas les incertitudes entourant le Brexit (voir topic), une hausse des taux par la Banque d’Angleterre en août serait fortement probable.

UE et Royaume-Uni à la recherche d’un accord

Selon les dispositions actuelles, le Royaume-Uni quittera l’Union Européenne (UE) le 29 mars 2019 à 11 heures. Cette date se rapprochant, les tensions augmentent. Ces derniers jours, une nouvelle proposition du Royaume-Uni sur ses futures relations avec l’UE a fait couler beaucoup d’encre. Le négociateur en chef britannique, David Davis, et le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, ont démissionné car cette proposition est, selon eux, trop proche d’un Brexit ‘doux’. La pression sur le poste de premier ministre de Theresa May a dès lors augmenté. Ce que l’UE pense du plan est bien sûr également crucial pour les négociations à venir. Selon nous, l’UE ne devrait pas être d’accord avec le plan sous sa forme actuelle, mais ce dernier pourrait servir de base pour la suite des négociations. Ces derniers mois, beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les négociations et les accords provisoires et une chose est certaine : ce sera également le cas au cours des prochains mois.

Ces derniers jours, le Royaume-Uni a publié un nouveau plan devant régler ses futures relations commerciales avec l’UE. L’objectif est que ce plan soit utilisé dans les négociations avec l’UE. Le plan comporte deux éléments cruciaux. Premièrement, le Royaume-Uni continuerait à suivre les règles communautaires en ce qui concerne les marchandises (“a common rulebook for goods”). Le Royaume-Uni resterait ainsi au sein du marché interne pour les marchandises. Deuxièmement, le plan présente un nouveau règlement douanier (“facilitated customs arrangement”). En vertu de celui-ci, les marchandises entrant au Royaume-Uni mais destinées à l’UE seraient frappées de droits de douane équivalents à ceux de l’UE, tandis qu’un tarif britannique serait appliqué aux marchandises destinées au Royaume-Uni. Grâce à une nouvelle technologie contrôlant facilement la destination, il pourrait ne pas y avoir de contrôle aux frontières et donc entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.

Le fait que ce plan propose de conserver certaines règles communautaires de l’UE est une épine dans le pied pour les partisans d’un Brexit dur. David Davis, le négociateur en chef du Brexit, a par conséquent démissionné. Il a été imité quelques jours plus tard par le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson. Depuis quelques jours, Theresa May est dès lors de plus en plus sous pression et, selon des rumeurs, un vote de confiance pourrait avoir lieu au parlement britannique.

La proposition de Theresa May est donc largement critiquée au Royaume-Uni. Ce qui importe naturellement aussi, c’est la réaction de l’UE à la proposition. Selon nous, l’UE ne devrait pas l’accepter pour trois raisons :

1. La proposition du Royaume-Uni de ne suivre les règles communautaires que pour les marchandises sera interprétée par l’UE comme un choix sélectif permettant au Royaume-Uni de profiter uniquement des parties les plus avantageuses d’une adhésion à l’UE, ce que l’UE ne peut accepter.

2. Le règlement douanier (Facilitated customs arrangement) est difficile à mettre en oeuvre dans la pratique, peut entraîner des complications juridiques (il peut par exemple entraîner une hausse de la contrebande) et est politiquement inacceptable (l’idée qu’un pays n’adhérant pas à l’UE puisse collecter une taxe de l’UE n’est pas populaire à Bruxelles).

3. Le prix que le Royaume-Uni veut payer pour l’accès au marché unique est trop faible. Le Royaume-Uni n’apporterait ainsi plus aucune contribution au budget de l’UE.

Étant donné que l’UE ne peut accepter la proposition du Royaume-Uni sous sa forme actuelle, les négociations devront reprendre au cours des prochaines semaines. Officiellement, les deux parties veulent d’ici octobre un accord réglant le Brexit, ainsi qu’une déclaration politique sur les objectifs des prochaines discussions commerciales. Ce délai semble désormais moins réaliste et les négociations pourraient se prolonger jusqu’en décembre. Par conséquent, les parlements britannique et européens et des 27 États membres restants disposeraient de moins de temps pour ratifier les accords. Un accord de dernière minute permettant que la période de transition débute même sans accord officiel entre toutes les parties n’est donc pas à exclure.