1, 2, 3 Boom!

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L’ING Eco, votre rendez-vous hebdo, vous propose un résumé des dernières actualités macroéconomiques, grâce aux experts d’ING Belgique.

États-Unis – Politique monétaire inchangée et forte croissance des salaires

La Fed a laissé ses taux inchangés suite à la réunion qu’elle a tenue la semaine passée. Cette décision est basée sur les mêmes arguments que ceux avancés au mois de décembre. La Fed reste donc convaincue que l’inflation se stabilisera autour de son objectif de 2% et qu’à court terme, les risques liés à ce scénario sont balancés. Les marchés s’attendaient pourtant à ce que la Fed donne un signal clair d’une remontée des taux en mars. Cela ne s’est pas produit et laisse dès lors une marge de manoeuvre confortable au niveau président de la Fed, Jerome Powell.

Ceci étant, janvier a été caractérisé par de bons chiffres pour le marché du travail ainsi qu’un bon indice de confiance ISM du secteur manufacturier. Dès lors, les marchés s’attendent davantage à une hausse des taux en mars. Avec une croissance de 2,9% en glissement annuel (la plus forte croissance depuis 2009), les salaires devraient pousser les prix à la hausse. Par ailleurs, le nombre de personnes en situation d’emploi a augmenté de 200.000 (le consensus tablait sur 180.000) et le taux chômage s’est maintenu à 4,1%. L’indice de confiance ISM du secteur manufacturier baisse légèrement en janvier (59,1 alors qu’il était à 59,3 en décembre), mais s’avère être plus élevé que le consensus (58,6). Les indicateurs pour les nouvelles commandes et l’emploi se maintiennent à un niveau élevé (respectivement 65,4 et 54,2) alors que la combinaison d’un dollar faible et d’une demande extérieure plus forte soutiennent les commandes venant de l’étranger.

Tout comme la Fed, nous tablons, en 2018, sur 3 hausses de taux de 25 points de base chacune. Ceci étant, les développements récents devraient nous amener à revoir nos prévisions à 4 hausses, sauf si un gros choc en décide autrement. Un nouvel arrêt des services publics (shutdown), dont la prochaine échéances tombe le 8 février, est un exemple parmi d’autres d’un tel choc.

Zone euro – Belle croissance en 2017 ainsi que de belles perspectives pour 2018

L’économie a cru de 0,6% au 4ième trimestre en 2017, alors que la croissance du 3ième trimestre a été revue à la hausse de 0,6% à 0,7%. Pour l’ensemble de l’année 2017, la croissance du PIB s’établit donc à 2,5%. Au niveau des pays composant la zone euro, la croissance s’établit en glissement trimestriel à 0,6% en France, 0,7% en Espagne et 0,5% en Belgique.

La zone euro a bien entamé la nouvelle année. Malgré une légère baisse de l’indicateur de confiance de la Commission Européenne, il se maintient à un niveau élevé. Le taux de chômage, lui se maintient à 8,7%, mais l’on s’attend à ce qu’il baisse encore dans les mois à venir. L’inflation sous-jacente reste basse (1,0% en janvier), mais la pression à la hausse semble se développer comme en attestent les marchés financiers qui ont revu à la hausse leurs prévisions à long terme d’inflation. Ceci étant, l’appréciation de l’euro est une force qui va dans le sens contraire. Nous maintenons dès lors notre scénario qui prévoit la fin du programme de rachats d’actifs en décembre 2018 et une première hausse des taux durant l’été 2019 seulement.

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Les signes d’une croissance plus large et plus globale sont de plus en plus présents. Les Etats-Unis semblent prêts à atteindre 3% de croissance cette année, et les chiffres européens et japonais semblent plus solides qu’auparavant. Les marchés émergents se renforcent également, dont l’Amérique Latine qui reprend des couleurs après les récentes difficultés. Les prévisions du consensus sont également en hausse, mais nous pensons qu’elles sont toujours trop pessimistes. La valorisation en hausse des actifs est une menace potentielle mais, avec une croissance si forte et la grande quantité de liquidités disponibles, toutes corrections à court-terme seront probablement faibles.

Avec les perspectives de croissance, de l’inflation et des rendements des bons à 10 ans du Trésor américain à 3%, les Etats-Unis restent cette année à l’avant-garde de la croissance mondiale. Les données du PIB du 4ème trimestre ont mis en évidence la vigueur de l’économie domestique. En outre, la réforme de l’impôt prévu par le Président Trump devrait permettre d’accentuer la dynamique cette année et l’année suivante. De plus, la faiblesse actuelle du dollar indique que les Etats-Unis sont dans une position très concurrentielle pour tirer profit de l’amélioration de la demande mondiale.

La croissance du PIB pourrait également être supportée par les dépenses en infrastructure qui ont reçu une nouvelle impulsion dans le discours sur l’état de l’Union du Président Trump. Celui-ci souhaite implanter, grâce à des financements publics et privés, un programme de 1500 milliards de dollars couvrant la modernisation et la construction d’infrastructures. Néanmoins, étant donné que les Républicains sont loin derrière les démocrates dans les sondages pour les élections de mi-mandat de novembre, le temps presse pour faire adopter la loi.

Après avoir enregistré en 2017 la plus forte croissance en 10 ans, la zone euro a vu la bonne série de publications de données se poursuivre en janvier. Cependant, l’inflation étant faible et l’appréciation de l’euro rapide, la Banque centrale européenne (BCE) a de bonnes raisons de rester prudente concernant la réduction de la stimulation monétaire. Une hausse des taux d’intérêt cette année semble toujours hautement improbable.

Le Royaume-Uni a également fourni quelques bonnes surprises, même si le « Brexit » implique que de grandes incertitudes persistent. Nous croyons qu’il y a un créneau étroit disponible pour une hausse des taux, très probablement en mai, mais cela dépendra de l’augmentation des salaires et des progrès dans les discussions sur le Brexit. Dans ces conditions, une hausse des taux cette année est aussi probable que le statut quo.

En Chine, le gouvernement préfère continuer à voir le yuan suivre les forces du marché, afin d’éviter de donner la fausse impression de créer une guerre des devises. Néanmoins, avec l’écart des taux d’intérêts qui augmente et l’appréciation du yuan, il pourrait y avoir des entrées de capitaux en 2018. Nous avons révisé notre prévisions de taux de change USD/CNY à 6.10 d’ici la fin de 2018.

Même si elle pourrait connaitre un arrêt, la période de croissance sans précédent du PIB japonais se poursuit. Malgré les perspectives d’un ralentissement temporaire du PIB, les fondements sous-jacents de la croissance se traduisent par des profits solides des entreprises. Le Premier ministre Abe met pour le moment la pression sur le secteur des entreprises pour qu’il transfère certains de ces bénéfices aux travailleurs, sous forme de salaires. En même temps, la Banque du Japon (BOJ) continue à nier toute fin imminente de l’assouplissement quantitatif. Nous soupçonnons qu’ils finiront par céder à la pression des marchés et à la réalité macroéconomique plus tard cette année, mais en tentant de minimiser l’impact sur les marchés de tout changement de politique.

Depuis le mois dernier, le protectionnisme américain et la politique mercantiliste du dollar sont apparus comme des éléments clés influençant le taux de change. Nous pensons que cela ne va pas changer avant les élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis. Dès lors, nous avons réduit nos prévisions USD/JPY de fin d’année à 100.