Communiqué de presse

27 avril 2017

Une économie sans espèces ? 2/3 des Français pourraient vivre confortablement sans espèces pendant trois jours

Une économie sans espèces ? 2/3 des Français pourraient vivre confortablement sans espèces pendant trois jours

À l’heure où les technologies liées au paiement électronique s’accélèrent, le débat sur un abandon de la monnaie sonnante et trébuchante revient sur le devant de la scène. Selon un sondage conduit par ING et réalisé par IPSOS, le recours à la monnaie fiduciaire est moins marqué chez les Français que chez les autres Européens. Ceci étant, 62,5% des Français affirment qu’ils ne souhaitent pas évoluer vers une économie sans espèce. La planche à billets n’a pas encore dit son dernier mot.

Dans leurs usages quotidiens, les Français utilisent moins la monnaie fiduciaire que leurs voisins européens. Ainsi, seuls 37% des Français déclarent détenir systématiquement des espèces sur eux contre 70% des Allemands et des Autrichiens. Concernant les montants, comparativement aux Allemands, les Français détiennent en moyenne près de 30 euros de moins dans leur portefeuille et leur tendance à présenter un billet pour un montant élevé est cinq fois plus faible.

L’ANALYSE

La démonétisation : un moyen utile de stimuler l’économie…   

Mais quel serait l’intérêt d’une économie sans espèces ? L’étude démontre que le principal avantage de la démonétisation réside dans la lutte contre l’économie souterraine, favorisée par l’officialisation de la totalité des paiements auprès des instances fiscales et sociale. Une économie substantielle quand on sait que celle-ci représentait 12,3% du PIB français en 2015, soit 268 milliards d’euros[1].

Au niveau macroéconomique, l’adoption des technologies de paiement électronique par les consommateurs permettrait principalement de favoriser l’e-commerce et de rendre les paiements plus faciles et plus rapides. La compétition au sein de la zone euro s’en verrait augmentée, la productivité des facteurs de production améliorée et les prix pour le consommateur final réduits.

Dans une moindre mesure, la suppression des pièces et des billets permettrait également de supprimer les coûts liés à leur fabrication ainsi que ceux liés à la lutte contre la contrefaçon. 

…mais la question de la sécurité et des données personnelles reste posée

Dans l’hypothèse d’une économie sans monnaie fiduciaire, il faudrait que les États et les entreprises investissent davantage dans la sécurité des systèmes informatiques et dans le stockage des données afin d’avoir un système capable de se protéger contre le cyber-crime.

Concernant les données personnelles, le remplacement de la monnaie fiduciaire « anonyme » par une monnaie électronique « traçable » forcerait, de fait, les consommateurs à révéler des informations personnelles sur les achats qu’ils effectuent. Un sujet particulièrement sensible actuellement tant la protection des données personnelles par les États et les entreprises fait aujourd’hui débat.

De plus, puisqu’il n’y aurait aucune alternative de paiement, si une panne informatique de grande ampleur intervenait, elle entrainerait l’arrêt de toute activité commerciale, affectant grandement la confiance du consommateur.


[1] F. Schneider (2015), “Size and Development of the Shadow Economy of 31 European and 5 other OECD Countries from 2003 to 2015: Different Developments”

MÉTHODOLOGIE DE L’ÉTUDE :

L’ING International Survey est une enquête internationale commanditée par ING sur le comportement des consommateurs en matière d’épargne et de consommation dans 13 pays d’Europe, les Etats-Unis et l’Australie. L’enquête a été réalisée entre le 13 et le 27 février 2017 par l’institut de sondages Ipsos auprès de 14 692 adultes dans 15 pays.